JOURNAL D’UN LECTEUR

C’est l’histoire d’un type qui lit, qui lit. Il aime ça.

Vous trouverez ici la dernière chronique de Pierre Maury, critique littéraire partenaire de l’IFM.

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  • Rentrée littéraire : les 10 de «Technikart»
    par Pierre Maury le 16 juillet 2019 à 4 h 39 min

    La couverture aguicheuse de Technikart pour son numéro d'été, légèreté de saison oblige (?), a failli m'en détourner. Peu de liens évidents, en effet, avec la matière qui me préoccupe 365 jours par an (et même un de plus en 2020), la si vaine et si nécessaire littérature. Il n'y a même rien, sur cette affriolante Une, pour annoncer le dossier pourtant copieux dans lequel, en neuf pages, est proposé un choix de dix romans français de la rentrée littéraire - les choix de la rédaction. Ils se veulent, dans l'esprit du mensuel, différents de ceux qui sont faits ailleurs. Ce n'est pas toujours le cas.Mais il y a, et j'apprécie, de l'engagement. D'abord parce que les titres sont classés et numérotés, ce qui suppose un ordre de valeurs assumé comme tel. Ensuite parce que le premier d'entre eux occupe plus du tiers du dossier, ce qui suppose pour le moins un violent coup de cœur traduit par ce traitement privilégié. Il s'agit de Sœur, par Abel Quentin, qui paraît aux Editions de l'Observatoire. Côté littéraro-people, on apprend dans l'article que sa compagne est Claire Berest, elle aussi sélectionnée un peu plus loin. Côté purement littéraire, il s'agit de son premier roman, vers lequel la curiosité me pousse désormais...Ne négligeons pas les autres, et voici donc la liste complète de Technikart.Abel Quentin. Soeur (L'Observatoire)Christophe Tison. Journal de L. (Goutte d'Or)Cécile Coulon. Une bête au paradis (L'Iconoclaste)Aurélien Bellanger. Le continent de la douceur (Gallimard)Blandine Rinkel. Le nom secret des choses (Fayard)Emma Becker. La Maison (Flammarion)Claire Berest. Rien n'est noir (Stock)Abd Al Malik. Méchantes blessures (Plon)Loulou Robert. Je l'aime (Julliard)Laurent Binet. Civilizations (Grasset) […]

  • Rentrée littéraire : Le Furet du Nord sélectionne ses premières plumes
    par Pierre Maury le 14 juillet 2019 à 4 h 31 min

    L'attention portée aux premiers romans est une des caractéristiques de la rentrée littéraire. Je vous ai déjà proposé la sélection du Prix Stanislas, dix premiers romans, celle du Prix Envoyé par la Poste, six premiers romans, et voici la plus brève, quatre premiers romans pour le Prix Première Plume du Furet du Nord, des titres qu'on a déjà vu passer quelque part - deux au Prix Stanislas, un au Prix du roman Fnac, un autre dans la sélection des Talents Cultura, le compte est bon.J'ai, avant de l'avoir ouvert (ce n'est pas tout à fait exact, j'ai jeté un coup d’œil, à la fin de l'ouvrage, sur les références bibliographiques - sérieuses, ces références), une envie pressante de lire Zébu Boy, d'Aurélie Champagne, il n'est pas trop compliqué de comprendre ce qui me pousse vers ce roman. Mais cela ne disqualifie évidemment pas les trois autres, et les voici donc tous rassemblés dans une courte liste.Aurélie Champagne. Zébu Boy (Monsieur Toussaint Louverture)Guillaume Lavenant. Protocole gouvernante (Rivages)Victoria Mas. Le bal des folles (Albin Michel)Mathieu Palain. Sale gosse (L’Iconoclaste)Le Furet du Nord ne conseille pas que des premiers romans: une longue liste de cinquante titres, les quatre déjà cités et quarante-six autres, constitue la sélection de rentrée. C'est plus fort que la Fnac, qui se contentait de trente. Qui osera proposer une sélection de 524 titres?Pour la consulter, et parce que la flemme me prend tout à coup à l'idée de commencer à la recopier, je vous renvoie à l'excellent site d'actualité littéraire, le bien nommé ActuaLitté. […]

  • Rentrée littéraire : «Le Monde des livres» sans Claro
    par Pierre Maury le 12 juillet 2019 à 5 h 44 min

    Fin d'une époque brève (deux ans) mais marquante, au Monde des Livres, puisque Claro consacre sa chronique hebdomadaire, dans le quotidien (que certains appellent encore "de la rue des Italiens", trente ans après que l'immeuble autrefois occupé par Le Temps a été abandonné par Le Monde - ceci était, entre parenthèses, une parenthèse) daté de ce jour non à un livre mais à la délicate question de "Comment se dire adieu". Lisez ce texte, vous comprendrez combien le regard de cet écrivain sur la littérature nous manquera à la rentrée - fixée le 22 août pour Le Monde des livres. Encore heureux qu'il compensera cette frustration de la meilleure des manières: avec son nouveau roman, Substance. Et puis, il reste son blog (pas besoin de panneau directionnel, vous avez ci-contre un lien vers le dernier billet qu'il y a publié, et la mise à jour se fait d'elle-même).Bref, ces adieux n'empêcheront pas la terre de tourner et Le Monde de décerner, en septembre, son prix littéraire dont il a, le même jour, dévoilé la sélection.Aurélien Bellanger. Le continent de la douceur (Gallimard)Bernard Chambaz. Un autre Eden (Seuil)Cécile Coulon. Une bête au paradis (L'Iconoclaste)Marie Darrieussecq. La mer à l'envers (POL)Jean-Paul Dubois. Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (L'Olivier)Kevin Lambert. Querelle (Le Nouvel Attila)Léonora Miano. Rouge impératrice (Grasset)Yaël Pachet. Le peuple de mon père (Fayard)Sylvain Pattieu. Forêt-Furieuse (Rouergue)Jean-Philippe Toussaint. La clé USB (Minuit)Simultanément ou presque, le réseau des librairies Cultura publiait son choix de quatre romans à paraître étiquetés "Talents Cultura". (Il y a aussi de la bande dessinée et du livre pour la jeunesse mais mon regard n'a pas porté jusque-là.) Ils sont quatre:Olivier Dorchamps. Ceux que je suis (Finitude)Philippe Hayat. Où bat le cœur du monde (Calmann-Lévy)Alexandra Koszelyk. À crier dans les ruines (Aux forges de Vulcain)Victoria Mas. Le bal des folles (Albin Michel)Mais ne faites pas vos jeux tout de suite, il est beaucoup trop tôt. […]

  • Rentrée littéraire : l'entonnoir de la Fnac
    par Pierre Maury le 11 juillet 2019 à 4 h 38 min

    Le Prix du Roman Fnac illustre à la perfection le théorème de l'entonnoir, applicable à chaque rentrée littéraire.Au point de départ, situé très en amont de la première date de la première mise en vente, un nombre variable de romans fait l'actualité - le nombre, pas encore les romans eux-mêmes et, cette année, c'est 524, comme vous le savez si vous me lisez. Au début de la rentrée, la quantité des livres disponibles semble avoir fondu comme neige au soleil, l'image n'est pas neuve mais elle s'applique à la saison pendant laquelle cela se passe, il ne reste que quelques dizaines de titres dont tout le monde parle. A la fin, un seul titre reçoit le Goncourt et des récompenses annexes consolent quelques autres.Dans le cas particulier qui nous occupe aujourd'hui, 400 libraires et 400 adhérents Fnac ont lu, aimé, détesté, jeté par-dessus l'épaule, survolé, approfondi, annoté ou oublié déjà les 524 romans de la rentrée, 30 d'entre eux ont survécu à tous les accidents de parcours qui se présentaient lors de cette première étape dont l'arrivée a été jugée hier. Le 28 août, il ne restera plus que les finalistes - leur nombre n'est pas fixe, apparemment, puisqu'on en comptait 4 l'année dernière et 5 l'année précédente. Enfin, le 20 septembre, heureuse conclusion pour l'élu(e) et déception pour les autres...Donc, voici la liste des trente. On y croisera sept traductions, on y remarquera une stricte égalité entre écrivaines et écrivains et la présence, sauf erreur, de vingt-trois éditeurs différents.Kaouther Adimi. Les petits de Décembre (Seuil)Jean-Baptiste Andrea. Cent millions d'années et un jour (L'Iconoclaste)Nathacha Appanah. Le ciel par-dessus le toit (Gallimard)Sophie Bassignac. Le plus fou des deux (Lattès)Laurent Binet. Civilizations (Grasset)Aurélie Champagne. Zébu boy (Monsieur Toussaint Louverture)Cécile Coulon. une bête au paradis (L'Iconoclaste)Bérangère Cournut. De pierre et d'os (Le Tripode)Marie Darrieussecq. La mer à l'envers (POL)Jean-Paul Delfino. Assassins (EHO)Isabelle Desesquelles. UnPur (Belfond)Olivier Dorchamps. Ceux que je suis (Finitude)Mathilde Forget. A la demande d'un tiers (Grasset)Pete Fromm. La vie en chantier (Gallmeister)Brigitte Giraud. Jour de courage (Flammarion)Valentine Goby. Murène (Actes Sud)Seth Greenland. Mécanique de la chute (Liana Levi)Hubert Haddad. Un monstre et un chaos (Zulma)Chris Kraus. La fabrique des salauds (Belfond)Luc Lang. La tentation (Stock)William Melvin Kelley. Un autre tambour (Delcourt)Vincent Message. Cora dans la spirale (Seuil)Alexis Michalik. Loin (Albin Michel)Akira Mizubayashi. Ame brisée (Gallimard)Edna O'Brien. Girl (Sabine Wespieser)Olivier Rogez. Les hommes incertains (Le Passage)Monica Sabolo. Eden (Gallimard)Whitney Scharer. L'âge de la lumière (L'Observatoire)Beata Umubyeyi Mairesse. Tous les enfants dispersés (Autrement)Julie Zeh. Nouvel an (Actes Sud) […]

  • Rentrée littéraire : que choisir?
    par Pierre Maury le 8 juillet 2019 à 5 h 53 min

    Je ne vais pas vous faire le coup du meilleur achat de la rentrée, ce serait pour le moins immodeste. Même sachant qu'il m'arrive de l'être, je ne fais jamais que me laisser aller à mes propres inclinations et j'accepte bien volontiers, dans mon infinie tolérance, qu'elles ne soient pas les vôtre. Encore que, si nous nous parlons et que vous défendez l'oeuvre, ou ce que vous osez appeler ainsi, de tel ou tel signataire de bouses immondes, la conversation a toutes les chances de tourner court.Peu importe. Voici, sous réserve d'autres arrivages, de modifications profondes de mon humeur (on ne sait jamais, c'est l'hiver chez moi, ce qui rend certaines choses imprévisibles dans les circuits électriques du cerveau), une liste, que j'ai essayé de faire courte, de mes premières envies de lecture dans les parutions du moins d'août - comme j'avais les pires difficultés à me réduire en quantité, je joue sur la chronologie des offices en librairie qui est d'ailleurs, je ne sais pas si je me ferai bien comprendre mais au moins je tente le coup, le premier critère de rangement, le second étant l'alphabet.Vous vous impatientez? Mais non, mais non...Binet, Laurent. Civilizations (Grasset, 14 août)Deville, Patrick. Amazonia (Seuil, 14 août) + L'étrange fraternité des lecteurs solitaires (Seuil)Vilas, Manuel. Ordesa (Sous-sol, 14 août)Fière, Stéphane. La campagne n'est pas un jardin (Phébus, 15 août)Bartholeyns, Gil. Deux kilos deux (Lattès, 21 août)Claro. Substance (Actes Sud, 21 août)Giraud, Brigitte. Jour de courage (Flammarion, 21 août)Lavenant, Guillaume. Protocole gouvernante (Rivages, 21 août)Quentin, Abel. Soeur (L'Observatoire, 21 août)Rinkel, Blandine. Le nom secret des choses (Fayard, 21 août)Wieringa, Tommy. Sainte Rita (Stock, 21 août)Casciani, Théo. Rétine (POL, 22 août)Gunzig, Thomas. Feel good (Au Diable vauvert, 22 août)Haddad, Hubert. Un monstre et un chaos (Zulma, 22 août)Nothomb, Amélie. Soif (Albin Michel, 22 août)Orange, Tommy. Ici n'est plus ici (Albin Michel, 22 août)Sabolo, Monica. Eden (Gallimard, 22 août)Spitzer, Sébastien. Le coeur battant du monde (Albin Michel, 22 août)Tuil, Karine. Les choses humaines (Gallimard, 22 août)Delwart, Charly. Databiographie (Flammarion, 28 août)Ridker, Andrew. Les Altruistes (Rivages, 28 août)Blonde, Didier. Cafés, etc. (Mercure de France, 29 août)Coe, Jonathan. Le coeur de l'Angleterre (Gallimard, 29 août)Comensal, Jorge. Les mutations (Les Escales, 29 août)Rolin, Olivier. Extérieur monde (Gallimard, 29 août)Je n'avais pas compté (quand on aime, c'est assez fréquent), je viens de le faire et, ça tombe bien, il y a 25 titres, un chiffre à peu près rond - en trichant un peu puisque Patrick Deville s'y trouve deux fois, mais sur la même ligne, pas besoin de tricher beaucoup... […]

  • Rentrée littéraire : et après?
    par Pierre Maury le 6 juillet 2019 à 4 h 44 min

    Soyons fous, projetons-nous là où ne sommes pas encore, après avoir lu tous les romans de la rentrée que vous et moi voulions lire (vous avez eu le temps de dormir un peu? pas moi). Les sélections des prix littéraires d'automne ont été publiées, vous en connaissez chaque livre de la première à la dernière ligne, un double Nobel s'annonce déjà... et il y a un problème: que lire maintenant? Enfin, quand je dis maintenant, ce sera en octobre, et même jusqu'en janvier 2020, car le regard porte loin quand on aime.Donc, voici trois rendez-vous qu'il ne faudra pas oublier.Octobre : Patrick ModianoVous le savez déjà si vous suivez de près l'actualité littéraire, Patrick Modiano publie un roman le 3 octobre chez Gallimard - ce sera peut-être le jour du (des) Nobel(s) de littérature, prix qu'il ne brigue plus, laissez-le en paix avec ça.Peu de détails sur le site de l'éditeur jusqu'à présent, sinon le titre (Encre sympathique) le nombre de pages (144) et le prix prévisionnel (16 €) qui ne devrait pas vous ruiner, en échange d'un plaisir annoncé. Sur quel thème? Ce n'est pas chez Gallimard qu'on le saura, mais bien dans une note de blog publiée par Le Réseau Modiano - je vous engage à le suivre si cet écrivain vous intéresse, il promet "un site pour lire entre les lignes de Patrick Modiano".Trente ans après son passage dans l'agence Hutte, Jean Eyben réouvre le dossier qu'il avait gardé sur la disparition jamais élucidée de Noëlle Lefebvre. Il contient peu de choses. Son adresse 13, rue Vaugelas dans le 15e arrondissement, celle du Dancing de la Marine et celle des magasins Lancel, place de l'Opéra, où elle travaillait. Quelques noms: Gérard Mourade, comédien, Roger Behaviour, Brainos, Sancho, Mollichi... Et un carnet. Des indices qui convergent vers un château en Sologne, Annecy, et puis plus rien. Plus rien, car, un jour, Noëlle Lefebvre a passé la frontière pour une autre vie.Novembre : James EllroyJames Ellroy, écrivain noir de l'encre la plus trouble, a commencé un nouveau Quatuor de Los Angeles avec Perfidia, paru en 2014 et traduit l'année suivante. Tout le volume se déroule du 6 au 29 décembre 1941. Le deuxième a fait son apparition en langue originale cette année et arrivera en français chez Rivages le 6 novembre sous le titre: La tempête qui vient. En anglais, cela s'appelle This Storm et le temps y passe (lentement mais un peu plus vite cependant que dans le volet précédent) du 31 décembre 1941 au 8 mai 1942. Je vous propose les deux couvertures des éditions américaine (à gauche) et britannique (à droite, forcément). Elles sont assez différentes pour susciter des lectures qui risquent de l'être tout autant.Quant à savoir ce qu'il y a dedans, autant vous fournir quelques lignes hachées en V.O., choisies au début de la première partie (ce n'est pas la véritable ouverture, des éléments ont été posés auparavant.)It’s a sit-and-wait job. Some hot-prowl burglar/rape-o’s out creeping. He’s Tommy Glennon, recent Quentin grad. He’s notched five 459/sodomies since Pearl Harbor.Happy fucking New Year.Three-man stakeout. Two parked cars. 24th and Normandie. Sit and wait. Endure bugs-up-your-ass ennui.The rain. Plus war-blackout regulations. Drawn shades, doused streetlamps. Bum visibility.Janvier 2020 : Colson WhiteheadDepuis (au moins) Underground Railroad, on sait l'importance qu'a prise Colson Whitehead dans la littérature américaine et mondiale. A dire vrai, et sans vouloir me vanter, je le savais déjà bien avant. Quand j'ai lu, en 2005, Ballades pour John Henry, j'ai su que Colson Whitehead était grand. Time Magazine s'en est rendu compte plus récemment, en affichant un portrait de l'écrivain en couverture de son numéro daté du 8 juillet, pour la parution de son nouveau roman, The Nickel Boys.Chez Albin Michel, Francis Geffard en frétille déjà - et on lui donne raison: il en éditera la traduction française en janvier prochain. Un peu de patience, donc. A moins que... quelques lignes, tout de suite?Even in death the boys were trouble.The secret graveyard lay on the north side of the Nickel campus, in a patchy acre of wild grass between the old work barn and the school dump. The field had been a grazing pasture when the school operated a dairy, selling milk to local customers - one of the state of Florida's schemes to relieve the taxpayer burden of the boys' upkeep. The developers of the office park had carmarked the field for a lunch plaza, with four water features and a concrete bandstand for the occasional event. The discovery of the bodies was an expensive complication for the real estate company awaiting the all clear from the environmental study, and for the state's attorney, which had recently closed an invetigation into the abuse stories. Now they had to start a new inquiry, establish the identities of the deceased and the manner of death, and there was no telling when the whole damned place could be razed, cleared, and neatly erased from history, which everyone agreed was long overdue. […]

  • Rentrée littéraire : 524 romans
    par Pierre Maury le 4 juillet 2019 à 13 h 47 min

    Voilà, ça vient de tomber, le chiffre que vous attendiez tous et qui sera exploré en détail dans le numéro que Livres Hebdo publie cette semaine: il y aura 524 romans dans la rentrée littéraire, de mi-août à fin octobre (Modiano compris, donc, puisque son nouveau roman, Encre sympathique, paraît chez Gallimard le 3 octobre).Il y en avait 567 l'année dernière, la production devient donc un peu plus raisonnable.La proportion entre les romans français et les traductions? 336 romans français, 188 traductions.Les premiers romans? 82, douze de moins qu'en 2018.Les plus attendus? La rumeur, cette fois, est à la source puisqu'il s'agit de l'hebdomadaire qui fait référence absolue:[...] ceux de Sorj Chalandon, Karine Tuil, Jean-Paul Dubois, Marie Darrieussecq, Jean-Philippe Toussaint, Olivier Adam, Amélie Nothomb, Patrick Deville, Lionel Duroy ou Luc Lang [...], de même que, en littérature étrangère, ceux de Jonathan Coe, Siri Hustvedt, Edna O'Brien, Joyce Carol Oates et Audur Ava Olafsdottir.La suite dans le dossier que je me réjouis de découvrir tout à l'heure (oui, je suis abonné). […]

  • Rentrée littéraire : de la rumeur au buzz
    par Pierre Maury le 4 juillet 2019 à 4 h 13 min

    On n'y échappera pas. Comme chaque fois, la rentrée littéraire propose un grand nombre de romans et seuls quelques-uns d'entre eux seront de la fête.L'essoreuse fait ses premiers tours bien avant la date des mises en vente. Chaque éditeur assure chacun de ses auteurs qu'il sera choyé dans la course à la célébrité, chaque éditeur s'arrange en douce, mais pas toujours aussi discrètement qu'il le voudrait, pour promouvoir celles et ceux qui prendront toute la lumière.Contre cette tendance lourde, une seule chose à faire: lire, et lire encore, pour débusquer, dans l'ombre, l'éclat d’œuvres auxquelles on n'avait pas pensé.Il n'empêche que les faits sont têtus. Marianne Payot le sait bien qui, pour L'Express, a assisté à quelques rencontres organisées par les éditeurs avec des libraires (et des "influenceurs" ou plus souvent "influenceuses", comprenez qu'à chaque nouveau livre montré sur Instagram correspond un vernis à ongles inédit - non, je rigole, bien que...).Outre la présentation des livres de la rentrée qui peut occuper plusieurs heures de ces réunions, il faut bien aussi s'y rafraîchir et/ou s'y sustenter, ce qui nourrit la conversation. Les bruits de couloirs peuvent alors sortir du cercle où ils avaient été d'abord été perçus, et voilà qui tombe bien car ils sont faits pour ça.Oyez donc ce que, de ces heures pas perdues pour tout le monde, Marianne Payot nous rapporte dans l'article qu'elle a publié cette semaine:[...] dès le mois de juin, la rumeur enfle entre professionnels: Karine Tuil, Monica Sabolo et Jonathan Coe chez Gallimard, Chris Kraus chez Belfond, Yann Moix et Laurent Binet chez Grasset, Jean-Paul Dubois à l’Olivier, Luc Lang et Jean-Luc Coatalem chez Stock, Edna O’Brien chez Sabine Wespieser, autant d’écrivains qui font déjà le buzz…On en prend note, mais je n'en suis qu'au tout début de mes lectures. […]

  • Rentrée littéraire : envoyez vos manuscrits par la Poste...
    par Pierre Maury le 2 juillet 2019 à 3 h 00 min

    Non, pas pour la prochaine rentrée littéraire, c'est trop tard. Mais pour la suivante? Ils seront lus, contrairement à une rumeur persistante qui prétend qu'aux nouveaux venus et nouvelles venues dans le monde de l'édition sera réservé un sort funeste sauf s'ils sont déjà connus pour des raisons extra-littéraires.Je vous ai déjà raconté comment le premier roman de Marin Tince était arrivé par courrier aux Editions du Seuil et avait été mis au programme de la rentrée littéraire. Il ne sera pas le seul des primo-romanciers, accompagnés de primo-romancières, à être lancé dans le grand bain de la rentrée. Et, oui, il y en aura que vous connaissez peut-être déjà par d'autres activités.En voici six qui sont à peu près insoupçonnables: ils constituent la première sélection du Prix Envoyé par la Poste, c'est-à-dire qu'ils ont fait ce que vous pourriez faire (en supposant l'existence dans vos tiroirs d'un manuscrit de qualité).Je connaissais cependant déjà, dans cette liste, le nom de Beata Umubyeyi Mairesse, parce que j'avais lu, en 2015, son recueil de nouvelles, Ejo, publié par La Cheminante. Avant et après le génocide de 1994, des moments puisés dans le quotidien du Rwanda. Le titre en kinyarwanda, Ejo, signifie aussi bien « hier » que « demain ». Avec, entre les deux, ce qu’on sait. Sœur Anne ne voit rien venir, campée sur les certitudes de ses bons sentiments. Les questions viendront plus tard. Trop tard, comme pour d’autres qui avaient pourtant mieux mesuré la menace. Dans la familiarité de vies bousculées, une œuvre attachante.Il est donc probable que je m'intéresse de près à son premier roman, Tous tes enfants dispersés. Il sortira le 21 août chez Autrement. Ce ne sera pas une raison pour négliger les autres, que voici tous réunis.Adrien Blouët. L’absence de ciel (Noir sur Blanc)Olivier Dorchamps. Ceux que je suis (Finitude)Mathilde Forget. À la demande d’un tiers (Grasset)Victoria Mas. Le Bal des folles (Albin Michel)Anne Pauly. Avant que j’oublie (Verdier)Beata Umubyeyi Mairesse. Tous tes enfants dispersés (Autrement) […]

  • Marcel Proust, l'année du Goncourt (3)
    par Pierre Maury le 28 juin 2019 à 5 h 03 min

    Les LettresTrois ouvrages de Marcel Proust vont paraître très prochainement aux éditions de la Nouvelle Revue Française.Une réimpression du premier tome de « À la recherche du temps perdu » : Du côté de chez Swann. Le second tome : À l’ombre des jeunes filles en fleurs. Enfin, un recueil de Pastiches et mélanges où revivra l’affaire Lemoine.Marcel Proust est considéré par beaucoup, et à l’étranger aussi, comme un de nos meilleurs essayistes.L’Intransigeant, 26 juin 1919Bulletin du LivreNouveautésAux Éditions de la Nouvelle Revue Française.Marcel Proust : À la recherche du temps perdu.Tome I : Du côté de chez Swann, 1 vol., 7 f. 50.Tome II : À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1 vol., 7 f. 50.Marcel Proust : Pastiches et Mélanges, 1 vol., 5 f. 25.L’Œuvre, 26 juin 1919 […]